22/06/2008

Angkor, Cambodge - Jour 1

Je suis rentrée de Bali il n'y a pas si longtemps que ça mais me voilà repartie... j'ai obtenu en pleurant un peu deux jours supplémentaires de congés (non payés mais ça les vaut bien!) pour retrouver une deuxième fois mon globe-trotter. C'était la seule et la dernière possibilité de le rejoindre facilement depuis Singapour, et pour une destination de choix : les vestiges de l'ancien empire Khmer, avec sa cité royale d'Angkor et ses environs. Cela se trouve tout près de Siem Reap et de son aéroport relié par un low cost direct avec Singapour... Idéal même si les horaires n'étaient vraiment pas du tout pratiques (j'ai dû prendre 2 jours de vacances pour ne passer que 3 jours 3 nuits sur place... et prendre un avion à 8h du matin le dimanche matin... rageant...).

Quoi qu'il en soit je suis donc arrivée jeudi de bon matin à Siem Reap où j'ai retrouvé Eddy et Yohann. Peu de temps après nous voilà partis en tuk-tuk (qui sont ici des remorques aménagées tirées par des petites motos) pour nos premières visites.

c'est parti pour 3 jours de visites en tuk-tuk

Brève description du contexte historique de toutes les visites qui vont suivre : l'Empire khmer était un royaume puissant qui connut son apogée de 880 à 1300 environ. Il occupait principalement l'actuel Cambodge, ainsi qu'une partie de la Thaïlande, du Laos et du Vietnam actuels. Vous pouvez voir son extension vers la fin du 12ème siècle sur la carte ci dessous. Vous pouvez y trouver la position des capitales successives de cet empire, Phnom Kulen, puis Hariharalaya (à proximité de l'actuelle ville de Roluos), Angkor, Koh Ker et enfin la capitale se fixera à Angkor à partir de 950 (Roluos est tout proche d'Angkor). Vous pouvez aussi voir sur la carte les villes de Phimai et Phnom Rung, dont j'ai déjà visité les vestiges khmer en Thaïlande (vous pouvez (re)voir les posts ici).

l'empire khmer à la fin du XIIe siècle
l'empire khmer à la fin du XIIe siècle

L'immense site d'Angkor et ses environs, que nous avons découvert au fil de ces trois jours, rappelle la puissance et la richesse de l'empire, ainsi que la diversité des croyances qu'il a défendues au cours du temps. Les religions officielles furent successivement l'hindouisme, le Bouddhisme mahayana et enfin le Bouddhisme theravada.

Nous avons commencé par les temples du groupe Roluos. Ils sont les vestiges d'une des premières capitales de l'empire khmer, Hariharalaya (877-889). Il s'agit donc de temples pré-angkoriens, et constituent les premiers grands temples qui ont été construits en pierre, et non en briques et autres matériaux fragiles comme le bois. Nous avons commencé par le temple de lolei puis ceux de Preah Koh et Bakong.

Lolei, un temple qui était à l'origine entouré d'eau
Preah Koh,
avec ses
sculptures de boeufs sacrés (nandi) et de lions surveillant le temple
Bakong, le plus impressionant des trois,
dédié à Shiva et symbolisant le mont Meru (mythologie hindu).la pyramide de grès de cinq niveau sur laquelle étaient construites huit tours
bassin à proximitéles scultures d'éléphants veillant le temple, et tours extérieures

Puis nous avons changé de registre et nous sommes allés visiter un village flottant sur le lac Tonle Sap (le grand lac sur la carte précédente). L'idée de départ était de traverser la forêt engloutie par bateau et de rejoindre le village flottant authentique de Kampong Phluk. Mais s'est abattue sur nous une malédiction qui nous a poursuivi au cours de ce séjour, qui peut se résumer en comment les cambodgiens des alentours de Siem Reap sont pourris par l'argent du tourisme de masse et demandent des tarifs exorbitants alors que leurs compatriotes travaillent dur toute la journée dans les rizières pour gagner moins du dixième de ce qu'ils essaient de gagner malhonnêtement en quelques minutes, sans trop se fatiguer... bref en quelques années certains tarifs sont passés du simple au plus du quadruple... Devant de telles pratiques nous avons dû nous contenté "du petit tour" et de ce qui s'est avéré après coup être un attrape-touristes : des habitations flottantes le long des berges d'un canal qui se jette dans le lac, sur un ou deux kilomètres. Ce n'était pas ininteressant en soi, j'ai même vraiment apprécié cette visite, mais ce fut décevant par rapport à ce dont on nous avait promis, et donc par rapport à ce que cela nous a coûté...
Sur le lac Tonlé Sap
Crocodiles au restaurant où on a pris notre déjeuner, dans le village flottant
Enfin nous avons poursuivi cette journée par la visite de Phnom Krom, perché en haut d'une colline qui domine le lac Tonlé Sap et les rizières aux alentours. Phnom Krom, qui signifie "La montagne en aval" fut édifié par le roi Yaçovarman 1er entre le IXe siècle et le Xe siècle. Il culmine à 140m et est construit sur l'une des trois collines du site Angkor.
Montée au temple...
...et vue au sommet sur les rizières et le lac au loin
le temple Phnom Krom
Enfin nous nous sommes rapprochés de l'ancienne cité royale d'Angkor proprement dite pour avoir un aperçu des fabuleux sites qui nous attendaient le lendemain, et en particulier le plus célèbre, Angkor Wat, vu depuis la colline du temple de Phnom Bakheng.

Vue sur Angkor Wat depuis le temple Phnom Bakheng

15/06/2008

Bali - Jour 6 : Sur la route du retour...

Le dernier jour à Bali est malheureusement arrivé... nous avons donc dû nous diriger tranquillement vers l'aéroport, et on n'en a profité pour découvrir quelques coins de l'île que nous connaissions pas.

Nous avons pris la route côtière d'Amed à Ujung, vraiment magnifique. Une petite route sinueuse à flanc de falaises, surplombant la mer, les petites criques et traversant les petits villages ne voyant guère de touristes.

Nous avons ainsi atteint l'ancienne résidence estivale de la famille royale, à Ujung. Elle a été complètement détruite par l'éruption du mont Agun, mais si les ruines n'ont guère d'intérêt, ce qui a été rénové/reconstruit est assez sympa.Puis poursuivant notre route, nous avons atteint Candidasa et nous avons visité non loin le petit village de Tenganan. Ce village, qui a su conserver sa vie traditionnelle, est peuplé d'Aga, les premiers habitants de Bali. Sa culture diffère un peu du reste de Bali, et a la particularité de partager également les produits agricoles entre tous ses habitants depuis des siècles. Mais vu la notoriété acquise par ce village, ce ne sont plus eux qui cultivent leurs propres terres... ce qui diminue un peu le sens du partage d'autrefois... Même si la vie du village est modifiée par l'intérêt qu'y portent les touristes, ce petit village vaut la peine de s'y arrêter. Certes on nous a demandé une petite donation à l'entrée du village, et l'habitant du village qui nous faisait la visite nous a montré son artisanat dans un but évidemment commercial, mais l'ambiance ne paraissait pas si "faussée" que ça et on était les seuls touristes. Notre guide local était très sympathique, on a pu lui poser toutes les questions que nous avions encore sur la culture de Bali, et il faut avouer que l'artisanat qu'il nous a fait découvrir était de qualité, et c'était intéressant qu'il nous montre comment il le fabriquait. Une sympathique halte dans le Bali "traditionnel".

L'entrée du village (le village est ceint par un mur)
Un des trois temples du village
Une rue du village
la place du village
Et les coqs, prêt au combat ! Avant les cérémonies, près des temples, des combats de coq sont organisés, ayant une vague signification de sacrifices aux Dieux.
C'est sur cette dernière visite que s'est achevé nos vacances à Bali. Ces 6 jours sont passés rapidement, mais on a fait et on a découvert tellement de choses que j'ai eu le sentiment qu'on était resté longtemps...Je reprenais le travail dès le lendemain et les parents et Djul ont poursuivi leur voyage par la découverte de Singapour... Pour finir ces posts sur Bali, en guise d'épilogue... quelques fleurs rencontrées au cours de ce périple !


Bali - Jour 5 : Amed

Amed est une succession de petits villages sur la côte est de Bali, au pied du mont Agun. Ses plages de galets et de sable noirs sont remplies de bateaux colorés à balanciers, et même si elles n'invitent guère à la baignade-bronzette... on les a préférées à celles de Kuta... Apparemment ce n'est pas très étonnant, on nous a appris que c'était le coin préféré des français (plus de 80% des touristes sont ici français...). La tranquillité de ces villages de pêcheurs, la gentillesse des habitants et les superbes fonds marins à quelques mètres de la plage... nous ont tout simplement conquis !
J'ai en effet pu faire découvrir à toute ma petite famille une de mes occupations de ces derniers mois : la plongée. Papa et Djul ont fait deux baptêmes (enfin ce qui signifie à Bali deux plongées de 40 minutes à une profondeur maximale d'un niveau "open water"...). Pas très facile au début pour nos débutants, ils ont un peu été jetés "dans le grand bain" après seulement 20 minutes de masque et tuba... mais même en étant un peu stressés... ils ont eu la chance de découvrir de fabuleux fonds marins, après avoir appris quelques rudiments de la plongée (enlever et remettre le masque, quelques procédures de sécurité...). Tout comme moi, ils ont plongé sur l'épave d'un bateau américain "Liberty" de la seconde guerre mondiale, coulé par un sous-marin japonais. L'histoire de cette épave est assez inhabituelle : après avoir été touché, le bateau est remorqué et s'echoue sur une plage de Tulamben ; sa cargaison, des rails de chemin de fer, est sauvée. Et lors de l'éruption de mont Agun en 1963, la coulée de lave pousse le navire à la mer, et le dépose à quelques mètres de la plage... au plus grand bonheur des plongeurs qui peuvent désormais découvrir la fabuleuse vie sous-marine qui s'est développée sur l'épave, à une profondeur modeste de 3 à 29 mètres, permettant, chose rare sur une épave, de voir sans l'aide de torches les vraies couleurs des coraux accrochés au navire. Cette plongée fut pour moi l'une des plus belles de celles que j'ai faite, et l'autre plongée, sur un tombant de plus de 50 mètres fut aussi splendide. En particulier, la rencontre de cinq très gros poissons Napoléon restera un très bon souvenir. Et après Redang, quel bonheur de replonger avec une très bonne visibilité ! Enfin la maminou s'est essayée au masque et tuba, et il faut bien avouer qu'on peut y voir beaucoup de choses à seulement quelques mètres de la plage : les coraux affleurent presque la surface de l'eau, et en quelques minutes de masque et tuba, j'ai pu voir entre autres un scorpion fish (poisson scorpion en français?) et une raie à pois bleus (blue spotted ray)... mais mieux vaut ne pas s'y frotter... Bref chacun d'entre nous a eu son lot de souvenirs sous marins à Amed !
Les deux acrobates parés pour leur première plongée
Enfin, notre séjour à Amed fut très agréable grâce aussi à notre hôtel, simple mais plein de charme !
Notre bungalow à deux étages au milieu de la végétation tropicale...
...la première chambre...
...le seconde avec vue sur la mer...... la salle de bain à l'air libre : un simple tuyau d'arrivée d'eau froide dans un arbre pour la douche, et des petits crapauds qui nous regardaient faire notre toilette... moi j'ai trouvé ça amusant et plein de charme !
...et une partie de notre terrasse avec plein de couchettes pour faire la sieste...
et où on nous montait notre petit déj' !

C'est donc à regret que nous avons quitté Amed après deux jours fort agréables, d'autant plus que c'était pour rejoindre l'aéroport... :-( Nous serions bien restés un peu plus longtemps !!

Bali - Jour 4 (suite) : Sur la route d'Amed

Notre premier stop sur la route d'Amed fut le temple Besakih. Ce temple est le plus grand de Bali. Contrairement aux autres que nous avions visité qui tiennent leur particularité de leur emplacement, celui-ci se suffit à lui-même. En tout cas, surtout le jour où nous l'avons visité, vu que les nuages encombraient la vue... Le temple Besakih se trouve en effet au pied du Mont Agun (3141 m). L'histoire du temple est donc lié à ce volcan actif : le fait le plus marquant étant que la dernière éruption majeure du mont Agun, en 1963, eut lieu le jour même d'une cérémonie se déroulant une fois par siècle au temple... beaucoup n'y voient pas qu'une coïncidence...La visite fut néanmoins quelque peu gâchée par la petite "mafia" des guides locaux, qui non seulement presse les touristes à louer leur service mais aussi ose les exclure du temple... même en ayant des tickets d'entrée... car seuls ceux accompagnés d'un "gardien du temple" (preuve qu'alors les gens ne vont pas que visiter mais prier... ??!!), peuvent selon eux visiter. Nous, nous avions décidés de faire nos têtus, suivant les conseils de notre guide... nous avons donc dû nous contentés du tour extérieur...
les guides locaux à l'affût du touriste esseulé...

Nous repartons ensuite pour Amed, et la route nous a permis de voir les plus belles terrasses de culture de riz qui nous ait été amené de voir au cours de notre voyage :

10/06/2008

Bali - Jour 4 : Danau Batur

Danau Batur est un volcan à double cratère concentrique : le premier est un oval d'environ 14 km de long, et le second a la forme classique d'un pic culminant à 1717m. Un lac s'est formé au pied du pic, à l'intérieur du premier cratère.
Le second cratère, à gauche, au milieu du cratère extérieur rempli en partie par un lac
Le lac et la petite chaine délimitant le cratère extérieur
Les villages autour du lac vivent de cultures maraichères (oignons, tomates, échalotes...), de l'élevage de poissons dans le lac et... du tourisme, venu admirer le fabuleux panaroma offert par le volcan et faire l'ascension de son pic principal : il est quasi impossible de faire cette randonnée banale sans avoir pris les services d'un guide, sous peine d'être harcelés tout le long de la montée... et même en partant très tôt, il y a du monde sur le chemin, et ce jusqu'au sommet où des adolescents y montent et vendent des cannettes de soda...
Cultures au bord du lac
Elevage de poissons
Malgré tout, nous décidons de faire l'ascension du pic principal. Nous partons donc avec notre guide à 4h00 du matin pour une petite randonnée de 700m de dénivelé, afin d'admirer le lever du soleil du haut du volcan. Finalement, nous arrivons au sommet 1h avant le lever du soleil, un peu agaçant de s'être levé si tôt, surtout pour voir la brume s'emparer du sommet, nous privant de toute vue sur Bali et la mer une fois le jour levé... Fort heureusement, le lever du soleil est joli...
Vue sur le mont Abang (2152m) et Agun (3142m)
Vue sur le volcan Rinjani (3726m), situé sur l'île voisine de Lombok
Apparition du soleil
LA photo faite par Djul
Brume et sommet... (Mont Agun)
Malgré la brume, nous avons quand même pu nous rendre compte que nous étions bel et bien sur un volcan actif, et non au milieu des Alpes... En effet, de la vapeur d'eau s'échappe ponctuellement de la terre : idéal pour faire cuire œufs et bananes pour le petit déj'! Après avoir attendu en vain que la vue se dégage, nous prenons le chemin de la descente. Nous sortons enfin de la brume et nous pouvons découvrir le paysage, sculpté par les coulées de laves successives.
A droite, la coulée de lave de la dernière éruption majeure, en 1967, qui a enseveli un village entier. La roche ainsi créée est aujourd'hui exploitée pour faire des matériaux de construction.
Et malheureusement, arrivés en bas, le sommet est dégagé... pas de chance...
Les parents dans la descente
Nous rentrons à notre hôtel vers 9h, et après un peu de repos, nous voilà reparti en fin de matinée pour Amed, sur la côte est. La suite de la journée dans le post suivant !
Vue de notre chambre